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Écrire, c’est…

Préambule : cet article est la republication d’une vieillerie de 2008, initialement mise en ligne sur meduz’ – Just fish it!. Je trouve celui-ci plus maladroit que mes exigences, j’ai donc tenté de le rendre meilleur en le modifiant.

Écrire, c’est se défouler en enfouissant volontairement ces choses qui révulsent afin de tenter de les oublier. Acte vain mais souvent jubilatoire sur le moment.

Écrire, c’est laisser des signaux errer ici et là.

Écrire, c’est un verbe transitif. Surprenante observation.

Écrire, c’est quand le rythme du frottement du crayon sur la feuille apporte autant de plaisir que les idées qui s’y déversent.

Ek Rirh aurait pu être un grand écrivain, mais il était manchot.

Écrire, c’est se libérer illusoirement des prisons dans lesquelles on s’enferme illusoirement. Écrire, c’est donc rêver.

Écrire, c’est l’exercice le plus difficile pour tuer le temps au boulot car le manque d’idées, le brouhaha des collègues follement occupés et l’ennui le plus complet nuisent à la productivité rédactionnelle.

Écrire, c’est l’art de déblatérer des conneries et de se rire de la langue. C’est tout ce qu’il reste à faire lorsqu’il ne reste plus que du sang autour de soi, conséquence des stylos, crayons et pinceaux cruellement enfoncés dans les yeux, une joue ou le cœur des gens qui nous déconcentrent et nous empêchent d’écrire car ils sont bruyants. J’arrive, je vais me laver les mains.

Écrire, c’est s’arrêter avant que la densité d’inutilités ne dissolve d’elle-même la folie.

Maladroitement rédigé le 22 novembre 2007.

Posted in Sale plume.

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