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Imhotep présente son album Kheper

L’évènement s’est déroulé le vendredi 20 janvier 2012 au Daarkom, maison des cultures maroco-flamande, en plein cœur de Bruxelles. En grand adeptes d’IAM et tout ce qui tourne autour, Y. et moi avions repéré via le carnet d’information de Yannick la venue d’Imhotep, grand architecte musical au sein de ce qui est certainement le groupe le plus mythique de la scène rap francophone (c’est-à-dire IAM, pour ceux qui ne suivent pas).

Après le boulot, j’embarque donc dans le train vers Bruxelles avec dans les oreilles Chroniques de Mars, album produit par Imhotep en 1998, même si c’est plutôt aux sonorités chaudes de Blue Print (toujours 1998, album instrumental d’Imhotep aux ambiances nord-africaines) que je m’attends à être nourri ce soir-là. De son côté, Y. est en voiture alors que je suis déjà arrivé chez O., embrigadé pour la soirée de présentation prévue pour 20 h et avec qui je discute hip-hop et jeux vidéo.

Vers 19 h 20, coup de fil de Y. : Imhotep est en direct sur Radio Kif, mais l’écoute sur l’ordinateur portable d’O. est une horreur sans nom qui rappellera aux mélomanes l’insulte musicale que peuvent représenter les téléphone portables qui crachent de la merde qualitativement et techniquement dans les transports en commun. À 19 h 45, on se retrouve tous les trois devant le Daarkom où on découvre le programme sur la porte : un peu de blabla et une première partie avant qu’Imhotep ne présente son album à 21 h seulement. Curieux de nature, on entre déjà.

Avant le commencement : anecdotes à deux balles

Nous passons à l’accueil, payons les places (8 € par personne, avec réservation) et demandons le chemin des toilettes, un étage au-dessus. Dans l’escalier, nous nous retrouvons nez-à-nez avec Imhotep, fidèle à lui-même, décontracté, encore avec son sac à dos et son manteau et qui sortait visiblement du petit coin. Réaction étrange, je lui tends la main et lui dis bonsoir (on est con quand on est surpris, j’aurais pu lui dire bonsoir sans pour autant serrer la main d’un type qui vient de se la tenir). D’un grand naturel, il me demande « tu sais où sont les loges ? » ; je réponds « à mon avis, ils pourront t’aider mieux que moi à l’accueil ». Avant d’entrer au vidoir d’appareil urinaire, je dis à O. et Y. : « plus jamais je ne laverai cette main qui a serré celle du grand architecte musical ». Une minute plus tard, j’étais sorti des toilettes et venais de me laver les mains.

L’heure approche, pas grand monde sur place, nous attendons assis près de la salle. De nouveau, Imhotep passe devant nous avec un énorme verre bien rempli, typique de la bière trappiste belge, qu’il lève vers nous : « Vive la Belgique ! » – voilà un homme qui suit un régime liquide sain, qui désinhibe et met les sens en alerte.

Échauffement : blabla et Univibes

C’est une voix de Radio Kif qui anime la soirée : les bénéfices de la soirée sont reversés à la fondation Les petits samouraïs, active dans l’aide aux personnes en situation de séjour irrégulière sur la région bruxelloise. Imhotep offre en cadeau deux disques d’or qui seront mis aux enchères ultérieurement : un de Chroniques de Mars et l’autre de L’école du micro d’argent (album le plus vendu de l’histoire du rap francophone).

Photo d’Imhotep avec un disque d’or de Chroniques de Mars (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012
Imhotep offre un disque d’or de Chroniques de Mars à la Fondation Les petits samouraïs. En arrière-plan, DJ Rebel prépare son matériel.

En première partie musicale vient Univibes, groupe de reggae/ska bruxellois, éclectique, composé de migrants d’Afrique du Nord et subsaharienne. On prend trente à quarante minutes de plaisir aux sons apaisants des instruments et chants en anglais, arabe et français. O., Y. et moi apprécions ; qui plus est, l’acoustique de la salle nous paraît au poil, ça change des concerts d’IAM vus à Forest National où le son n’a jamais été réellement bon.

Photo du groupe Univibes (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012
Univibes, première partie de la soirée. En fond est projeté un diaporama de photos d’Imhotep.

Présentation de Kepher

Ensuite, Imhotep parle de Kheper : le nom provient du mot égyptien kheper (scarabée), porteur de la notion d’existence. Après quelques brèves paroles, Imhotep traverse la petite salle (disons 20 mètres sur 10) et la cinquantaine de personnes présentes pour s’installer en homme de l’ombre au mixage, alors que DJ Djel (du groupe aujourd’hui séparé Fonky Family) et DJ Rebel (du groupe aujourd’hui séparé Soul Swing & Radical) prennent place aux platines, sur scène. En fond est projeté en boucle un diaporama de photos d’Imhotep.

Photo de DJ Djel (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012
DJ Djel, à bloc sur les scratchs.

Avant Kheper, la formule expérimentale prend ses marques : il est prévu pour d’hypothétiques dates ultérieures qu’Imhotep propose d’accueillir DJ, musiciens ou chanteurs pour poser des sratchs, jouer ou chanter par-dessus son travail instrumental. Là, les deux DJ s’en donnent à coeur joie sur les anciennes productions d’Imhotep : la séance s’ouvre, si mes oreilles ne m’ont pas trompé, sur l’introduction de l’album d’IAM … de la planète Mars avant d’enchaîner sur Still a War in the East de l’album Blue Print. On aura ensuite droit à un peu de tout, dans tous les registres : un extrait de la bande originale du (très bon) film Les Barons, quelques productions reggae auxquelles Tonton Imhotep a participé, la version américaine du morceau d’IAM L’école du micro d’argent, etc. Très plaisant à entendre même si le volume sonore des scratchs est un peu trop élevé par rapport à la musique. Dans la salle, peu remplie, quelques personnes prennent des photos, d’autres bougent la tête ou entament quelques pas de danse (qui dit parquet en bois dit breakdance).

Photo d’Imhotep à la table de mixage (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012Photo d’Imhotep à la table de mixage (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012
Imhotep, homme de l’ombre au mixage, puni au fond de la salle.

Ensuite vient l’écoute de Kheper selon la même formule qui fonctionne bien. Difficile dans le déluge de scratchs de concentrer son oreille et d’apprécier pleinement le travail d’Imhotep. Avant tout, il nous a précisé qu’il s’agissait d’une version encore toute chaude, sortie du studio probablement la veille de cette soirée. Dans l’ensemble, tout m’a paru très fluide et de grande qualité, avec une sonorité différente de Blue Print, peut-être un peu plus urbaine. J’ai vraiment hâte que l’album sorte, Imhotep n’a rien dit à ce sujet, et nous ne l’avons plus croisé après la soirée (dommage, j’aurais bien voulu poser quelques questions sur le projet), clôturée par la présence de Nabil Ben Yadir, réalisateur de Les Barons, avec notamment un hommage à un artiste raï récemment décédé et dont je n’ai pas retenu le nom.

Photo d’Imhotep et Nabil Ben Yadir (Daarkom, Bruxelles, 20 janvier 2012
Imhotep et Nabil Ben Yadir, réalisateur du film Les Barons.

Après s’être restauré au Daarkom après la session d’Imhotep d’environ 90 minutes vient l’heure du retour. En chemin, grande surprise à la radio (Radio Contact) : rétrospective IAM, avec Musique de la jungle, Les miens, Demain, c’est loin… On ne s’attendait pas à clôturer la soirée aussi bien.

J’ai pris une vidéo à l’image un peu juste en qualité avec mon petit appareil photo numérique mais toutefois audible pour ce qui est du son, il s’agit de ce qui semble être l’introduction de Kheper. Étant à court de cartes mémoire (j’ai oublié chez moi celles de rechange, c’est malin, hein ?), je n’ai pu en faire plus… Vivement la sortie de l’album.

D’autres photos ont déjà été publiées sur Flickr par Abdellah El Korchi.

Posted in Bla bla.

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2 Responses

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  1. lapprenti says

    Imhotep n’a produit AUCUN sons sur « Chroniques de Mars ».
    Sinon, vivement « Kheper », « Blue Print » est…

  2. meduz' says

    Je viens de vérifier dans le livret, une grosse partie des sons vient de Faf Larage, quelques-uns sont de Shurik’n (dont le fabuleux La Cavale)… Mais Imhotep a produit quand même cinq sons. Je pense que je ne me trompe pas en assimilant à Imhotep ceux où il est inscrit « produit par Kif Kif », si ?



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