Préambule : la mise en page de cet article est enfin terminée. Sa rédaction a débuté fin janvier 2011 et a été terminée fin avril 2011.
Citoyen, voici venu le temps de l’instant didactique politico-mathématique. Si tu n’es pas un citoyen, tu peux quand même lire ce qui suit. Tu verras, c’est rigolo d’absurdité.
North and South
Si tu suis un peu l’actualité des quatre coins du monde sphérique, tu as pu remarquer ces derniers temps que la Belgique était en crise gouvernementale, mais cela ne signifie pas pour autant que le gouvernement doit être renversé comme l’ont fait les citoyens tunisiens et ceux d’Égypte. Pour renverser un gouvernement, il faut que celui-ci existe, ce qui n’est pas le cas en Belgique puisque ce petit pays coincé entre la France, les Pays-Bas, l’Allemagne et le Luxembourg n’a toujours pas de vrai gouvernement depuis 2007 (certains disent 2010, mais je n’ai pas la même notion de « gouvernement » quand ce dernier est en mode pilotage automatique) tandis que la Côte d’Ivoire, elle, en a eu deux pendant quelques temps.
À une époque, souviens-toi, l’Europe n’avait pas beaucoup de minerais et pierres précieuses alors que l’Afrique en avait plein. Une solution très simple destinée à rétablir la balance de la distribution des richesses mondiales avait alors été mise en place : des navires d’Européens armés jusqu’aux dents (tant pis pour les victimes du scorbut) étaient partis conquérir des latitudes inférieures pour mettre plein de richesses dans leurs poches, même que certains bateaux étaient tellement alourdis par tous ces cailloux brillants que leurs capitaines décidèrent de balancer par dessus bord une partie de l’équipage féminin et infantile pour pouvoir rentrer vivants et enrichis. D’où l’expression « les femmes et les enfants d’abord ». Il aurait été très facile pour les Belges d’aller en Côte d’Ivoire chercher un gouvernement et de l’importer chez eux par voie maritime, comme à l’époque des pierres précieuses. Souci : une fois arrivé au large des côtes bretonnes, trop de brouillard, on n’y voit rien.
Par conséquent, le pays de la bière, de la frite, du chocolat, de la pédophilie et de l’accent le plus ridicule de la francophonie (à égalité avec celui du Québec) est en panne de fonctionnement. Mais, en fait, qu’est-ce qu’il s’y passe exactement ?
Depuis quelques années, un fantôme du passé est venu hanter de nouveau cette petite bourgade insignifiante peuplée d’onze millions de têtes : la Flandre (la partie nord de la Belgique) et la Wallonie (celle au sud) ne s’aiment que moyennement car elles ne parlent pas la même langue, n’ont pas la même culture, n’ont pas les mêmes programmes scolaires ni les mêmes ministères, etc. Tu l’as vite compris, c’est comme si le nord et le sud étaient deux pays distincts, à l’exception près qu’ils partagent la même capitale, Bruxelles, qui représente un poids stratégique, économique et politique capital (comme une capitale, oui), et donc une source de rivalités. Au-delà de la capitale du pays, également capitale de l’Europe, un autre élément est prétexte à la bagarre : en gros, le nord est plein de riches et le sud plein de pauvres. Un peu comme le reste du monde : les pays du nord sont pleins de riches, et les pays du sud pleins de pauvres. Je caricature volontairement pour ne pas trop t’embrouiller, tu as bien entendu compris qu’il existe un déséquilibre certain et des différences significatives entre les deux régions.
Interlude calculatoire
En 2007, les Belges furent obligés d’exercer leur droit de vote. Là où d’autres démocraties laissent le choix à leurs citoyens de s’exprimer ou non par voie électorale, il en va autrement en Belgique : il faut aller voter, c’est obligatoire ; un point, c’est tout. Dans les faits, il en va légèrement autrement : beaucoup l’ignorent, mais depuis le début du XXe siècle, le taux d’abstention (les gens qui ne se rendent pas aux urnes) est d’environ 6 %, auquel on ajoute environ 10 % de votes blancs. L’abstention et le vote blanc sont comptabilisés de manière distincte mais aucun des deux n’a d’influence sur les pourcentages de voix attribuées aux élus. Qu’est-ce que ce charabia veut dire ? Si 100 personnes doivent aller voter, si 40 d’entre elles votent pour un candidat ou une liste de parti A, 20 optent pour B, 20 choisissent C, 10 déposent un bulletin de vote blanc et 10 ne vont pas voter du tout, alors les résultats devraient être les suivants :
| Total |
100 personnes |
100% |
| A |
40 |
40 % |
| B |
20 |
20 % |
| C |
20 |
20 % |
| Vote blanc |
10 |
10 % |
| Abstention |
10 |
10 % |
Dans ces résultats, aucun clan politique ne constitue une majorité forte car personne ne dépasse les 50 %. Mais en pratique, il en va autrement : les résultats finaux font abstraction des 20 personnes qui n’ont exprimé aucune préférence, et les scores deviennent ainsi les suivants :
| Total |
80 personnes |
100% |
| A |
40 |
50 % |
| B |
20 |
25 % |
| C |
20 |
25 % |
Ainsi, un candidat ou un parti devient décideur majoritaire, ce qui est à la fois un total irrespect de l’(éventuelle absence d’)opinion des 20 % disparus et une manière de donner un poids politique plus conséquent à un résultat électoral. On l’interprètera comme on le souhaite, ça revient finalement au même : une bande d’irresponsables est à la tête du pouvoir. En tout cas, plus le nombre de non-votants est important, plus les résultats finaux peuvent devenir différents des choix citoyens originaux. Désormais, lorsque tu repenseras aux élections régionales françaises de 2010 où le plus haut résultat était de 29,14 % des voix attribuées au P.S. avec 57,35 % d’abstentions et votes nuls, avec Martine Aubry, présidente de ce Parti Socialiste, observant que « les Français ont largement voté pour la gauche » (l’abstention serait un parti de gauche), je suis certain que tu sera à l’avenir armé pour ce genre de discours victorieux.
Comment prendre les gens pour des cons
Mais revenons à ce petit pays plein de désordre politique, juste une fois. En juin 2007, les Belges sont allés voter. Ensuite, les politiques élus, très joueurs, se sont bagarrés pendant environ 6 mois pour décider à quoi ressemblerait le gouvernement. Comme ils n’arrivaient à rien, que les négociations et les tentatives de gouvernement provisoire furent désastreuses, c’est Herman Van Rompuy qui prit les commandes fin 2008, soit environ 17 mois après les élections fédérales de juin 2007, ce qui creuse quand même une brèche temporelle importante que la presse semble avoir aujourd’hui oublié, arguant que ça ne fait que 200 jours que le pays est sans gouvernement. Amen. Une issue à ces joyeusetés était possible avec Van Rompuy à la tête de la Belgique mais, malheureux hasard, l’homme fut nommé fin 2009 à la présidence du Conseil européen, ce qui l’obligea à abandonner la tête de son pays aux mains de sinistres individus qui ont eu vite fait de déconstruire le travail réalisé pendant près d’un an.
Ainsi, le chaos et la mésentente furent tels que les élections initialement prévues en juin 2011 furent avancées à juin 2010. C’est ce point de repère que prennent les journalistes pour comptabiliser les quelques 300 jours du pays sans gouvernement. Depuis les élections de 2007, les relations entre la Flandre et la Wallonie se sont encore dégradées. Et surtout, un parti politique a pris énormément de poids en Flandre lors des élections de 2010, il s’agit de la N.-V.A., l’Alliance Néo-Flamande, clairement affichée d’extrême-droite, nationaliste flamande, favorable à l’Europe des régions, qui cherche son autonomie fiscale et économique, le divorce avec le boulet wallon et si possible à mettre en œuvre de quoi s’accaparer à long terme dans la foulée une bonne part de la région bruxelloise. Tout ça produit un lot de terrains de batailles politiques tout à fait inédites et incohérentes, bien plus que celles des années précédentes. Globalement, tous les partis belges se rejoignent sur le fait que le pays a besoin de réformes majeures dans lesquelles plein de sous sont en jeu. Quitte à se battre, autant que ce soit pour du pognon.
Normalement, les élections fédérales concernent un pays entier, par opposition aux élections régionales ou communales où les enjeux sont bien plus locaux. Ainsi, des partis choisissent leurs candidats à présenter à ces élections dans tout le pays, et ces listes de candidats se retrouvent sur un bulletin de vote. Tout ça, tu le sais certainement déjà, mais si je prends la peine de le spécifier, c’est parce que la Belgique est un pays où les élections sont bien particulières. Je schématise volontairement : afin de garantir l’équilibre entre le nord et le sud et de représenter équitablement tout ce qui est représentable, il a été convenu voici bien longtemps que les néerlandophones (le nord parle le néerlandais) ne pouvaient qu’élire des candidats nordistes, et les francophones (le sud parle le français) des candidats sudistes. En clair : si tu habites en Wallonie, il t’est impossible de voter pour un candidat de Flandre et vice-versa. Oui, un peu comme si les élections concernaient deux pays différents. D’ailleurs, aucun parti n’est présent au niveau national : il existe ainsi deux partis socialistes (le Parti Socialiste au sud et le sp.a au nord), deux mouvements écologistes (Ecolo au sud et Groen! au nord), deux formations libérales (le Mouvement Réformateur au sud et les Open V.L.D. au nord), deux nationalistes radicaux (le Front National au sud et le Vlaamse Belang au nord), etc.
Les élections fédérales sont destinées à choisir des gens qui vont dans la Chambre, où l’on dort à souhait, comme dans toute chambre qui se respecte, et des gens qui vont dans le Sénat, lieu également destiné à dormir.
Lors des élections de 2011 qui ont eu lieu en juin 2010 et desquelles aucun gouvernement n’a émergé, voici ce qui est ressorti comme résultat à la Chambre :
| Belges inscrits (d’office, car le vote est obligatoire) |
7 725 463 |
| Belges vivants à l’étranger inscrits |
42 089 |
| Total d’inscrits |
7 767 552 (100 %) |
| Votes valables |
6 527 367 (84,04 %) |
| Total d’abstention |
837 697 (10,78 %) |
| Votes blancs et nuls |
402 488 (5,18 %) |
Près d’une personne sur six n’a pas voté. Les choix sont répartis de la sorte :
| Choix |
Voix (% par rapport au nombre d’inscrits) |
% en excluant ceux qui n’ont pas choisi de parti |
| N’ont pas choisi de parti (abstention et vote blanc) |
1 240 185 (15,96 %) |
- |
| N.-V.A. |
1 135 617 (14,62 %) |
17,40 % |
| P.S. |
894 543 (11,52 %) |
13,70 % |
| C.D. & V. |
707 986 (9,11 %) |
10.85 % |
| M.R. |
605 617 (7,84 %) |
9,28 % |
| s.pa |
602 867 (7,80 %) |
9,24 % |
| Open V.L.D. |
563 873 (7,30 %) |
8,64 % |
| V.B. |
506 697 (6,56 %) |
7,76 % |
| C.D.H. |
360 441 (4,66 %) |
5,52 % |
| Ecolo |
313 047 (4,05 %) |
4,80 % |
| Groen |
285 989 (3,70 %) |
4,38 % |
| Autres partis tous sous les 100 000 |
400 113 (5,19 %) |
6,13 % |
Les résultats au Sénat donnent grossièrement les mêmes proportions. La Flandre et la Wallonie prennent respectivement environ 60 % et 40 % des sièges pour les deux institutions (la Chambre et le Sénat), ce qui correspond à peu près au ratio de leurs populations respectives. La population de la région bruxelloise peut en assez grande partie être assimilée à celle de la Wallonie car très majoritairement francophone. Jusqu’ici, la cohérence belge n’est pas trop dégueulasse : le peuple est représenté équitablement (à l’exception du million de brebis égarées sans choix politique et des enfants, qui ne peuvent pas voter, grand bien leur fasse), le pays n’a pas de gouvernement et les politiciens se cognent sur le coin de la tronche avec pour unique terrain d’entente le fait de vouloir réformer l’aire de jeu. À long terme, certains partis veulent solidifier la Belgique, d’autres veulent la casser.
À court terme, ça discute essentiellement pognon et « responsabilisation des régions », ce qui est un pompeux terme pour désigner le fait que le nord ne souhaite plus partager un porte-monnaie commun avec le sud dans certains domaines, avec pour argument fort le fait que l’homme (la Flandre) travaille et entretient sa femme (la Wallonie) qui lui coûte un rein. Les féministes inverseront les mots homme et femme dans la phrase précédente ou me traîneront devant un tribunal tout en poussant des beuglements d’indignation.
Ainsi, certains partis souhaitent ou sont d’accord pour partager la compétence emploi, qui serait désormais gérée par les régions plutôt qu’au niveau fédéral (le niveau national, autrement dit) ; les compétences sécurité sociale, justice et fiscalité sont également discutées (et encore d’autres selon le temps et les saisons). Chaque parti a sa tolérance ou exigence pour chacun des points mis sur la table, et ça rend les négociations toujours plus tendues et complexes. Dans tous les cas, il s’agit essentiellement de pognon, les partis wallons se liguent généralement en bloc, les partis flamands font à peu près la même chose. Ce qui en ressort est bien évidemment l’absence d’accords, et donc de perspectives de gouvernement.
Les non-sens politiques ou mathématiques ou logiques
Au rang des bizarreries, on notera tout d’abord le rôle du roi : on n’en a pas encore parlé, mais la Belgique est un royaume, elle a donc un roi, un roi fainéant qui signe la paperasse et à qui on demande son avis de temps à autre pour lui faire plaisir. En temps de crise, il est prévu qu’il assure un rôle consultatif, qui s’est traduit en ce début de siècle par la désignation successive d’un nombre incalculable de pitres temporaires dont le rôle a été de gagner du temps en espérant que les choses se tassent. Officiellement, Albert II a royalement nommé de manière successive tout une série de pontes de différents partis : informateur, puis conciliateur, formateur, clarificateur, pré-formateur, explorateur… (et n’importe quel nom suffixé de eur, on en compte pas loin de dix) en leur confiant pour mission de faire des miracles dans un délai ultra-court, souvent inférieur à deux semaines, et de créer une entente entre tous les zinzins qui bataillent pour du pognon. Une mission de routine, un détail à régler.
De une, la méthode ne ressemble à rien d’autre qu’une vaste supercherie ; de deux, à aucun moment la méthode n’a été contestée, pas même par ceux qui veulent la fin du pays. S’il est évident que la bagarre doit être traversée dans un cadre légal et institutionnel bien défini, il est encore plus évident qu’il faut un minimum de méthodologie dans le processus de discussion. Une telle méthodologie n’a existé qu’à la fin de l’année 2010 mais s’est soldée par un échec. L’art de gagner du temps, en somme.
Cela m’amène à une autre étrangeté, le secret total des réunions, même lors de l’utilisation d’une vraie méthode. Pour résumer (une fois de plus), pendant un trimestre ont été étudiés et discutés par un groupe de travail dit « indépendant » et les habituels politiciens différents scénarios essentiellement économiques. Ces scénarios sont restés inconnus de toute personne non-inclue dans les réunions, c’est-à-dire de tout le pays à l’exception de quelques individus. Les notes de travail ont été révélées à la presse peu après l’échec de cette tentative de négociation, mais rien n’a filtré durant des semaines. Interrogée sur ce silence, la ministre Laurette Onkelinx (P.S.), actrice dans les pourparlers, a précisé que les compromis et accords nécessitaient parfois une sérieuse discrétion, ce qui témoigne probablement d’une grande peur que les citoyens connaissent l’auteur précis d’une proposition qui irait à l’encontre de ce que l’électorat imagine. Qui plus est, sa réponse tranche radicalement avec ce qu’elle dénonçait deux ans plus tôt sur un autre sujet : « j’espère que le gouvernement aura le courage de répondre à ceux qui attendent autre chose qu’un mur de silence ». L’art de ne rien assumer, en somme.
Lorsqu’on regarde le tableau des résultats électoraux plus haut, on y voit notamment les deux partis libéraux du pays en position tout à fait honorable : le M.R. et l’Open V.L.D. sont respectivement 4e et 6e. Pourtant, ils sont tous les deux exclus des négociations depuis juin 2010 alors qu’ils totalisent 15,14 % des voix, soit plus que la N.-V.A. et presqu’autant que l’abstention et le vote nul (eux aussi absents des négociations, pour le coup). J’ignore la raison de cette exclusion, mais il est probable qu’elle soit demandée par les autres partis en raison d’antécédents sur des négociations précédentes (car si la Belgique en est là où elle en est, c’est grandement à cause d’un membre de l’Open V.L.D.). L’art de jeter un autremillion de voix à la poubelle, en somme.
Plus fort qu’ignorer des voix, les choix de l’électorat : le P.S. a toujours été historiquement très fort en Wallonie et, d’après mes observations, et c’est sans doute vrai dans d’autres régions du monde et pour d’autres courants politiques, il se trouve qu’un nombre considérable de gens votent par tradition régionale ou familiale pour un même parti. Ainsi, malgré la vague de corruption qui a secoué ces dernières années la région de Charleroi (province du Hainaut), aux mains du P.S. depuis des décennies, ce parti sort toujours aussi fort des urnes dans cette région – c’est le cas ailleurs aussi – avec plus de 50 % des voies à la Chambre comme au Sénat dans cette ville où la totalité des élus P.S. ont été inculpés dans diverses affaires de pognon pas très nettes. Absolument renversant. Qui plus est, aucun des individus mis en examen n’a été radié de son parti ; on en pense ce qu’on veut, pour moi, les actes sont cautionnés s’ils ne sont pas sanctionnés d’une manière ou d’une autre. Par la justice, par les décideurs du parti ou par les urnes. Et bien non, rien de tout ça : le P.S., la justice et le peuple approuvent les fraudes colossales. L’art de laisser sans voix, en somme.
Comment trancher ?
Les plus cyniques et drôles répondront « Comment trancher ? En deux, évidemment ! Bruxelles devient une région autonome européenne, le nord est un nouveau pays et le sud se démerde (nouveau pays ou rattachement à la France) et c’est réglé ! ». La question est plus compliquée. Vu de l’intérieur du pays, la scission fait peur, la presse en parle très peu, au sud du moins – le nord doit réagir de manière similaire –, est très frileuse et les politiciens rarement loquaces sur la question. L’idée effraierait bien trop les gens qui pour la plupart ne comprennent pas vraiment ce qu’il se passe. En revanche, de l’extérieur, la question belge est souvent titrée « La fin de la Belgique ? », ce qui ne changerait certainement pas la face de la planète.
Ce n’est pas le but de ce dactylographié (un dactylographié est un écrit, mais dactylographié), mais personnellement, je ne pense pas qu’une solution arrivera sans mesure d’urgence. Les prochaines élections de juin 2011 ont déjà eu lieu un an à l’avance, il serait très inconvenant pour les Belges de retourner aux urnes, surtout vu la forte probabilité que les gens revotent, et même revotent pareil (l’imbécilité n’a pas de limite). Un référendum serait la seule possibilité de sortie, mais la constitution belge ne le prévoit pas. Quant à un soulèvement massif de la population, je n’y crois guère dans les pays occidentaux où le culte de l’individu entretient l’aseptisation des consciences.
Malgré l’impasse politique de la Belgique, la situation sera pourtant automatiquement débloquée dans quelques décennies : le niveau de la mer monte lentement et l’eau finira par immerger une grande partie du territoire flamand, résolvant ainsi par le vide ce conflit absolument ridicule. Un conflit belge, en somme.
« Le flouze rend les pauvres haineux, les fortunés peureux, tous importunés par le choc des deux sphères. » (Sortilèges, Oxmo Puccino, 1998)
Ils ont dit :